7h45: Papa me dépose au collège avant d'aller travailler.
C'est exceptionnel, juste parce que c'est la rentrée.
Je lui fait une bise et marche vers les grilles.
Arrivée devant, je m'arrête, et regarde mon nouveau collège; il a l'air bien, mieux que l'autre, où j'étais.
Je franchis les grilles en me demandant si je vais vite me faire des amies, et si je saurais m'adapter
Un groupe de filles me regarde avec insistance.
Elles ont l'air cool, elles sont bien habillées et sont surveillées par un groupe de garçons.
Timide, je m'approche quand même.
Leur regard semble m'inviter à venir vers elles.
J'y suis. Je me présente, je leur souris en tremblant un peu.
Elle me sourient aussi.
L'une d'elles va prendre la parole.
Elle ouvre la bouche.
J'aperçois une seconde ses dents éclatantes ...
Elle me crache à la figure.
Je n'ose rien dire, rien tenter.
Tout le monde éclate de rire.
J'ai soudain l'impression que tout le collège a vu ce qui s'était passé.
Regard d'incompréhension.
Je tourne les talons mais j'ai le temps de voir ces regards avides de cruauté qui me poignardent.
Mais je remarque aussi une fille de la bande qui a les yeux baissés et qui se triture les mains, sans toutefois rien dire, ni faire pour me défendre.
Elle n'est pas d'accord avec eux.
Elle lève les yeux.
Elle lève les yeux.
Je la regarde.
Elle a l'air triste.
Elle s'apprête à me parler, je suis prête à l'écouter.
Mais la grande fille qui m'a craché dessus lui pose la main sur l'épaule et lui dit de me pousser.
La fille rougit.
J'espère qu'elle va refuser, je l'espère, je l'espère ...
La fille me pousse, je tombe.
Je mets mes mains en avant pour me protéger et je me blesse.
Les autres filles partent et je reste là, par terre, toute seule, tandis que la cloche sonne.
Mon Dieu, encore une année comme ça ....
Si seulement je pouvais mieux m'habiller ... Si seulement j'en avais les moyens ...
C'est dégueulasse, tin elles devraient se metr a sa place, la pauvr